Le 7 octobre 2023, la Porte de Brandebourg à Berlin est illuminée aux couleurs israéliennes après l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre l'État hébreu. Depuis 1949, la RFA apporte une attention particulière à réparer les torts de l'Allemagne nazie vis-à-vis des Juifs. L'accord de Luxembourg (10 septembre 1952) fut conclu par le chancelier Adenauer avec le gouvernement israélien. La RFA assumait la responsabilité pour les crimes nazis et payait une indemnité de 3 milliards de Deutsche Mark à Israël, considéré comme représentant légitime des victimes du nazisme. La mémoire des crimes nazis fonde ainsi le soutien durable de l'Allemagne à Israël.
Terminales géopolitiques
Thème 3 : histoire et mémoires
mercredi 11 mars 2026
Étude conclusive : histoire et mémoire du génocide des Juifs et des Tsiganes
Le 29 septembre 2021, le président ukrainien Volodymyr Zelensky participe à la cérémonie du 80e anniversaire du massacre de Babi Yar, à Kiev. les 29 et 30 septembre 1941, les SS y avaient assassiné plus de 33 000 Juifs.
En quoi les génocides commis par les nazis ont-ils structuré les phénomènes mémoriels depuis 1945 ?
1 | Un événement historique unique en son genre, la politique génocidaire nazie.
Un épisode de la « shoah par balles ». Les rapports du colonel SS Karl Jäger, chef d'un Einsatzkommando dans les pays baltes, racontent combien de Juifs ont été assassiné jour après jour. Ces rapports étaient destinés à Himmler. Jäger espérait probablement des promotions en reconnaissance de son zèle. Jäger est responsable de l'assassinat de 130 000 personnes environ, surtout des femmes et des enfants. Les victimes étaient principalement des Juifs, accessoirement des communistes. En 1945, Jäger échappe aux poursuites. Il n'est arrêté qu'en 1959, après avoir repris une vie normale sans même se cacher. Il se suicide par pendaison avant son procès. Le document est estampillé « Secret d'État » (Geheime Reichssache) : le génocide était couvert par un secret absolu. Les nazis ont été les premiers négationnistes.
- Ce n’est pas le seul cas de génocide, mais c’est le seul à avoir été pratiqué à l’échelle d’un continent, avec des moyens industriels (les chambres à gaz) et logistiques (les trains de la déportation).
- une planification au sommet : la conférence de Wannsee (Berlin) le 20 janvier 1942 = les nazis prévoient de supprimer tous les Juifs d’Europe et d’Afrique du Nord, soit 11 millions de personnes (env. 6 millions ont été tués).
- L’antisémitisme a préexisté au nazisme :
- un antisémitisme catholique, chrétien, pour qui les Juifs sont ceux qui n’ont pas compris le Nouveau Testament (le message universaliste de Jésus). Les Juifs étaient dénoncés comme « le peuple déicide ». A l’extrême, certains chrétiens comme Marcion ont dit que le Dieu chrétien n’était pas le même que celui des Juifs. Le marcionisme a été déclaré hérétique par l’Église.
Au XXe siècle, les papes successifs ont réaffirmé cette position. Jean-Paul II, pape polonais (1978-2005) disant « les Juifs sont nos aînés dans le domaine de la foi » (position hostile à l’antisémitisme). - un antisémitisme anticapitaliste, dans lequel on assimile le Juif au capitaliste ou à l’usurier (Shylock dans Le marchand de Venise de Shakespeare). Une forme d’antisémitisme accentuée par la rév° industrielle. Ex : au début de l’affaire Dreyfus, Jaurès hésite à prendre la défense de l’officier injustement accusé.
- un antisémitisme catholique, chrétien, pour qui les Juifs sont ceux qui n’ont pas compris le Nouveau Testament (le message universaliste de Jésus). Les Juifs étaient dénoncés comme « le peuple déicide ». A l’extrême, certains chrétiens comme Marcion ont dit que le Dieu chrétien n’était pas le même que celui des Juifs. Le marcionisme a été déclaré hérétique par l’Église.
- l’antisémitisme nazi prend ses sources :
- dans les formes antérieures ;
- dans le climat de Vienne, lieu de formation d’Hitler;
- et la 1re GM, explosion de violence et de bouleversements révolutionnaires.
⇒ dès 1920, le 1er programme nazi est fortement antisémite. 1933 : premier pogrome ; 1938 la nuit de cristal ; 1939 : « prophétie » d’Hitler, qui dit que si la guerre éclate, ce sera la fin des Juifs d’Europe. //mt : 1939-1941, les nazis lancent «l’action T4» = l’extermination des handicapés physiques et mentaux, parfois par gazage. - la guerre à l’Est, en Pologne dès 1939, puis en URSS (juin 41) a été conçue comme une guerre d’extermination.
- dès 1935, les lois de Nuremberg avaient discriminé les Juifs (ex. de droit positif criminel).
- un symbole : Auschwitz, camp double (concentration et travail / extermination).
Mars 1982 : le chancelier Helmut Schmidt reconnaît devant des représentants de la communauté tsigane le génocide commis par les nazis contre les tsiganes.
Auschwitz est un symbole du génocide, du nazisme comme idéologie génocidaire et reproche dans la mémoire des Européens, dont beaucoup, au-delà des Allemands, ont été complices : par exemple la France de Vichy.
Donc Auschwitz marque la mémoire des « coupables » : les Allemands (qui ont dû assumer le nazisme et ses crimes) et les collaborateurs (dont Vichy).
En F, il faut attendre l’été 1995 et Jacques Chirac pour qu’un chef de l’État commémore la rafle du Vel d’Hiv en juillet 42.
Mais d’autres, Britanniques, les Américains, n’ont pas de responsabilité ; ils ont même le beau rôle : ils ont libéré les camps.
Pour Israël, État fondé en 1948, la mémoire de la « Shoah » est aussi source de légitimité. L’État juif est né comme une réponse au génocide. Dans une certaine mesure, c’est l’arrivée de quelques centaines de milliers de Juifs européens survivants qui a permis le succès du projet sioniste.
vendredi 13 mars 2026
➪ VOIR le documentaire d'Arte sur les procès de Nuremberg (2025) : première partie et seconde partie.
2 | Lieux de mémoire du génocide des Juifs et des Tsiganes.
Lieux de mémoire : notion inventée par l'historien Pierre Nora, né en 1931, dont le livre, Les lieux de mémoire paraît en trois volumes de 1984 à 1992. Les lieux de mémoire sont des lieux liés à certains événements exceptionnels du passé, souvent intervenus dans un contexte traumatique (comme une guerre), dont la collectivité a choisi d'entretenir le souvenir.
Ils représentent un ensemble assez hétérogène (sites historiques, mémoriaux, musées d'histoire, nécropoles nationales, etc.) dans lequel on trouvera aussi bien des lieux où se sont effectivement déroulés des événements importants (par exemple un champ de bataille - à proximité duquel seront généralement enterrés les corps des soldats tombés lors de l'affrontement) que des monuments symbolisant des événements ne s'étant pas forcément déroulés sur place (tel est souvent le cas d'un mémorial).
Le Mémorial de la Shoah
Visiter le site du Mémorial de la Shoah à Paris. LIRE : sur ce site, l'histoire du mémorial de la Shoah depuis le Centre de documentation juive contemporaine, fondé à la Libération, jusqu'au Mémorial de la Shoah. VOIR en particulier la video [14"] montrant la généalogie, du CDJC d'Isaac Schneersohn au mémorial.
D'autres lieux de mémoire : Le United States Holocaust memorial museum à Washington. Le mémorial « mondial » de Yad Vashem à Jérusalem. Le mémorial des Juifs assassinés d'Europe à Berlin.
lundi 16 mars 2026
➙ Corrigé de la dissertation : La question environnementale aux États-Unis.
mercredi 18 mars 2026
Préparation au Grand Oral
À partir d'un article de la sociologue et politiste Marie-Cécile Naves, publié dans Le Monde du 17 mars 2026.
❑ thèmes 2 et 3 du programme (la guerre ; histoire et mémoires). Problématique possible : en quoi cette tribune illustre-t-elle ce que nous avons appris de la nature politique de la guerre et de son imprévisibilité selon Clausewitz ? Quels sont les enjeux politiques de la mémoire des conflits ? Les remarques critiques porteraient ici sur le caractère polémique de cette tribune (un article d'opinion : une critique fondée, mais sans concession de Donald Trump), mais aussi sur la focalisation autour du président des États-Unis (rien ou presque sur les autres acteurs, dont Israël).
vendredi 20 mars 2026
➪ Corrigé de la dissertation donnée au bac blanc : Expliquez la citation de l’historien Pierre Nora : « Si la mémoire divise, l’Histoire réunit ».
➙ Préparation du Grand oral : choix de la question d'HGGSP, ancrage dans le programme et problématisation.
lundi 23 mars 2026
➪ VISITER : l'exposition en ligne sur Simone Veil sur le site du Mémorial de la Shoah.
➪ LIRE : l'article de Rémy Besson sur le site EHNE (Écrire une histoire nouvelle de l'Europe, La Sorbonne) sur le génocide des Juifs au cinéma.
➪ ÉCOUTER : des émissions de Radio-France sur le génocide dans la littérature et le cinéma (au choix, il s'agit d'une sélection de vingt émissions plus ou moins longues).